L’objectif de cet article est de démontrer que la compensation est une notion, une stratégie qui peut être travaillée en coaching. J’ai en effet travaillé sur cette réflexion dans mon mémoire de recherche pour ma certification de coach professionnel.
Un travail challengeant car peu d’écrits parlent de compensation et encore moins la relient au coaching. Je vous présente ici un résumé de mon mémoire et je vous invite à me contacter si vous souhaiter recevoir la totalité de mes reflexions (que je continue aujourd’hui!).
Lorsque l’on pense à la compensation en lien avec l’accompagnement, il se peut que l’on soit happé en premier lieu par la dimension psychologique .
En effet la compensation est un mécanisme de défense, introduit par Alfred Adler, médecin et psychothérapeute qui pose l’idée que La principale problématique pour l’homme est de « compenser » son sentiment d’infériorité. (il prend l’exemple de Napoléon qui était connu pour être un tyran complexé par sa petite taille : mythe ou réalité ?).
Si l’on regarde la compensation uniquement par ce prisme, qui est, néamnoins, fort intéressant, nous pourrions nous dire que la compensation n’est pas une notion qui peut être abordée en coaching : trop compliquée, trop psychanalytique, trop intime, trop thérapeutique ?
Mais justement les recherches effectuées m’ont permis d’accroitre le champ de compréhension de la notion de compensation :
C’est aussi un phénomène physique, biologique :
L’être humain compense ses fragilités et recherche son équilibre avec certaines stratégies comme les compensations :
C’est également une notion apprise par notre société : dans cette course effrénée à la perfection, face à la discrimination des faiblesses, au manque de temps pour s’épancher sur ses émotions, l’individu va devoir ou pouvoir compenser : masquer ses difficultés, compenser son handicap, compenser le sempiternel « Tu peux mieux faire ! » ….
Les politiques sociales utilisent également souvent la notion de compensation pour réduire les inégalités et offrir un soutien aux personnes qui sont défavorisées ou qui ont des besoins particuliers. La compensation peut prendre différentes formes, telles que l’octroi d’avantages financiers ou de services supplémentaires.
Enfin nous pouvons parler de biais de compensation morale lorsque l’individu se permet une action immorale lorsqu’il a avant fait une bonne action. Par exemple se dire que « c’est bon nous pouvons prendre l’avion parce que l’on fait ses trajets à vélo toute l’année ! »
La compensation est ainsi généralement perçue comme ayant un lien avec cette recherche d’équilibre: equilibre et compensation sont intimement liés.
L’élément de compensation peut « pallier » « remplacer » « « combler », « substituer » pour « équilibrer ».
Le phénomène de compensation serait un phénomène sain, normal qui peut être perçu comme positif ou négatif qui met en avant des éléments en « trop », en « sur » ou en « moins », en « sous ».
Chacun de ces éléments en compensation sera différemment investis selon les individus. Cet investissement positif ou négatif dépendra de l’impact, du poids de l’élément, de la situation perçue par la personne.
Par exemple, une situation d’ennui pourra être compensée par certains car « l’ennui » sera vécu comme négatif, tandis que pour d’autres celui-ci n’aura pas besoin d’être compensé car vécu positivement. Chaque élément ayant une signification bien différente selon les individus et leurs histoires.
La compensation peut également devenir une habitude et l’individu peut ne pas se rendre compte de celle-ci et de ce qu’elle implique. Cette habitude peut être saine et ne pas avoir de conséquences spécifiques, ou celle-ci peut être plus grave et peut entrainer par exemple, une addiction.
La compensation peut donc aider à rétablir un équilibre perturbé, en dés-harmonie.
Ainsi elle pourra être soit un phénomène normal qui n’impacte pas l’individu, soit un phénomène plus complexe, déséquilibrant pouvant affecter l’atteinte d’objectifs.
L’équilibre de vie est un objectif qui peut être souvent recherché en coaching. Les personnes tentent de répondre à l’injonction paradoxale de la société qui demande aux individus d’être aligné à fois dans la vie personnelle (en tant que femme ou homme, en tant qu’amant.e, en tant que parent, en tant qu’aidant) et dans la vie professionnelle.
L’équilibre peut être rapproché de la notion d’homéostasie ou de congruence.
L’idée principale de mon mémoire est de démontrer que pour certaines personnes et dans certains cas, la réussite du coaching, en tant que processus visant à mettre l’individu au centre, à potentialiser ses ressources afin d’accéder à ses objectifs, est liée à la conscientisation et au travail sur la compensation en lien avec l’équilibre du sujet.
En coaching l’individu va se permettre de conscientiser ses limites, ses croyances, ses valeurs, ses besoins, ses émotions,
Et pourquoi ne pas introduire dans ce système la compensation ?
L’individu compense ses handicaps et ses complexes,
Des moments de vies difficiles ou compliqués,
Des valeurs à nourrir
Des émotions à comprendre, à accepter
Des besoins à satisfaire
Des domaines de vie à respecter
Je l’ai entendu en séances avec Paola qui dit compenser son complexe en en faisant « trop » au travail et en se cachant derrière des habits trop grands, Vic qui compense son hypersensibilité en refoulant certaines émotions en public, Carl qui dit compenser le fait qu’il ne travaille pas par un contrôle exacerbé des taches quotidiennes à la maison ou encore Naim qui compense le manque d’amour en s’engouffrant dans un travail acharné qui ne lui convient pas.
Le coaching va permettre à l’individu de prendre le temps, en lien avec son écologie, ses limites, ses besoins et de donner de la puissance à son véritable Je.
Plusieurs outils du coaching peuvent d’ailleurs servir à ce travail autour de la compensation et ainsi la conscientiser.
En conclusion je citerai Charles Pépin qui dit que, « l’être humain compense le fait qu’il naisse inachevé par la culture, la famille, l’éducation ».
Nous compensons tous quelque chose, la vie est compensation :
Alors comment le coaching peut prendre en considération cette notion ?
J’ai voulu démontrer que la notion de compensation n’était pas forcément liée à une problématique, à un traumatisme. La compensation peut être une stratégie chouette pour l’individu ! La compensation conscientisée peut permettre à l’individu de se connecter véritablement avec son Je intérieur.
Ainsi je soutiens que la compensation peut être questionnée par le coaching pour accompagner le client vers son équilibre.
Cet équilibre sera réfléchi et défini en fonction des objectifs du client et en lien avec l’intentionnalité qui cadre la posture du coach.
Ce travail n’est pas thérapeutique. La compensation est ici perçue comme une stratégie ou une notion normale, donnant des indices à l’individu sur son système, son territoire.
De plus, le coach peut travailler lui-même avec la compensation lorsqu’il met en marche son « petit vélo », c’est lui qui porte le cadre du coaching et sa palette d’outils lui permet de maintenir l’équilibre :
Il peut compenser le contenu de la séance par des silences ou par tel outil par telle question.
La mise en route de son petit vélo va venir interroger son cadre et il peut réfléchir sur l’équilibre du processus pour accompagner la réussite du coaching.
La supervision est un espace indispensable au coach pour pouvoir également nommer et réfléchir sur ses propres compensations, comme le fait d’utiliser un outil sans intentionnalité pour compenser un manque de confiance au processus.
Si ce sujet vous parle, n’hésitez pas à me contacter pour en discuter. Je continue mes recherches et reflexions et travaille sur un écrit pour rendre visible ce traial autour de la compensation.
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